, Myriam Facchinetti

Changer de capitaine ? Plus facile à dire qu’à faire ...

Après deux mandats, huit années bien chargées à la présidence du SAEN, Pierre-Alain Porret aimerait aujourd’hui passer la main.

Après deux mandats, huit années bien chargées à la présidence du SAEN, Pierre-Alain Porret aimerait aujourd’hui passer la main. Mais la relève ne se presse pas au portillon…

Depuis de nombreuses années, j’ai eu – et j’ai – la chance de travailler au comité avec trois présidents, trois fortes personnalités pourtant diamétralement opposées : John Vuillaume, Pierre Graber puis Pierre-Alain Porret. Les trois hommes visaient – et visent encore – les mêmes idéaux : faire vivre le syndicat neuchâtelois, soutenir les enseignant·es et obtenir une revalorisation légitime de notre métier.

Même si Pierre-Alain s’investit corps et âme dans notre syndicat, il souhaite aujourd’hui passer le flambeau, du moins dès que quelqu’un acceptera de le recevoir, car pour l’instant, personne ne s’est porté volontaire…

Il veut léguer son brassard de capitaine : pas parce qu’il arrive en bout de course (quoique… les heures passées à préparer toutes les séances de comité, à soutenir les collègues malmené·es et à revendiquer au Château pourraient gentiment venir à bout de sa légendaire patience), mais parce qu’il est convaincu qu’un syndicat vivant, c’est un syndicat qui se renouvèle, qu’une nouvelle personnalité à la tête de notre entité, c’est forcément du positif pour une nouvelle approche du monde syndical.

Ce n’est pas un hasard si la nouvelle de son futur départ de la présidence a laissé un gros pincement au cœur du comité. Pendant toutes ces années, Pierre-Alain a été plus qu’un président : tantôt amortisseur de tensions, traducteur de charabia administratif en langage humain, distributeur d’apaisement quand la colère montait, radar à bonnes solutions et, surtout, oreille attentive et bienveillante avec des enseignant·es parfois malmené·es, il a toujours su tirer son comité vers le positif et le constructif. Il est à notre écoute, jamais dans le jugement, même quand quelqu’un débarque avec une idée saugrenue ou un gros problème – qui aurait pu décourager le plus zen des moines tibétains.

Son secret ? Peut-être qu’il réside dans cette phrase qu’il répète souvent en souriant : « On peut être fâchés, on peut ne pas être d’accord, mais on reste intelligents et on en discute avant d’agir dans l’émotion, sans réfléchir. »

C’est justement parce qu’il est ce socle calme, posé et drôle à la fois, que la perspective de son départ nous serre un peu la gorge. Pas seulement parce que le comité va perdre un président… mais parce qu’il devra se séparer d’un certain style de présidence : exigeant sans être pesant, engagé sans être dogmatique, efficace sans être bruyant.

Reste maintenant la grande question : qui pour reprendre ce rôle important ? Là-dessus, on ne va pas se mentir : c’est un vrai challenge. Non pas parce que le rôle est impossible à tenir, mais parce qu’il demande cette fameuse combinaison rare : du temps, du courage, et un humour assez solide pour survivre aux demandes de dernière minute, aux coups d’énervement et aux mails de 23h59 qui demandent réponse pour avant-hier…

Le comité reste pourtant confiant : nul doute que le ou la président·e qui succèdera à Pierre-Alain saura apporter sa touche personnelle dans les débats et les revendications à mener. Il ou elle pourra compter sur une équipe soudée et chaleureuse, qui s’investit avec force et détermination.

Les futurs échanges se feront certainement dans la même lignée que celle incarnée par Pierre-Alain : avec confiance, transparence, ainsi qu’une bonne dose d’humour et de second degré.