La maitrise de l’allemand pour PRIMA ? Un atout indispensable !
PRIMA, et surtout ANIMA dans son sillage, se développent à une vitesse impressionnante depuis quelques années. Pourtant, la pression exercée sur le corps enseignant dans certaines écoles pour l’enseignement en immersion s’est fait ressentir lors de la journée syndicale en automne 2024.
Le 4 décembre 2019, le Grand Conseil neuchâtelois validait le « Concept cantonal de l’enseignement des langues », lequel prévoit la mise en place dans chaque centre scolaire d’au moins une filière PRIMA à l’horizon 2038. Si, dans un premier temps, certains établissements se sont peu inquiétés de cette échéance, les pressions politiques font maintenant souffler une brise de panique dans les centres peu engagés dans ce projet. En effet, si on doit créer une filière complète dès 2038, il faut entrer dans le programme en 1e-2e années dès la rentrée 2027.
Le SEEO a annoncé près de 200 classes « PRIMANIMA » pour l’année scolaire 24-25. Leur nombre a triplé en seulement trois ans. Une belle réussite sur le papier, qui semble satisfaire les demandes politiques. Mais la réalité est un peu plus nuancée. En effet, certain·es collègues se voient contraint·es d’entrer dans le projet ANIMA sous peine d’être prié·es de changer de collège. Si parfois c’est une révélation, la grande majorité, par manque de ressources linguistiques, se voit confrontée à une pression supplémentaire dans leur quotidien déjà chargé.
L’enseignement en immersion, pratiqué depuis des décennies dans de nombreux pays, n’a plus à faire ses preuves. Les recherches dans le domaine le confirment : lorsqu’une langue est utilisée comme moyen de communication, son acquisition s’opère en toute liberté. Mais la condition sine qua non est bien évidemment que la personne en charge de l’enseignement en allemand se sente à l’aise pour communiquer, puisse reformuler sans soucis et surtout éprouver du plaisir à parler l’allemand. Pousser, voire forcer, des enseignant·es qui ne se sentent pas compétent·es à s’engager dans PRIMA ou ANIMA est clairement contre-productif. Cela aussi, les recherches le démontrent. Au-dessous d’une certaine richesse linguistique, on a tendance à se réfugier dans une zone de confort qui consiste à reproduire ce qu’on connaît. Et l’on retombe dans l’enseignement traditionnel des langues, avec tous ses défauts.
Nous sommes convaincu·es que l’enseignement en immersion doit d’abord être un plaisir pour l’enseignant·e afin d’en devenir un pour ses élèves. Ce n’est que si cette condition est acquise que l’enseignement en immersion pourra devenir une réalité positive, enthousiasmante et productive dans nos écoles.
Le SAEN appelle instamment les autorités à faire cesser la pression pour développer PRIMA et à mettre en œuvre ce projet dans de bonnes conditions, là où c’est possible, en levant l’obligation pour toutes les écoles d’ouvrir une filière PRIMA dès 2027.