, Brigitte Hofmann

Bis bald !

Le comité du SAEN est fier et reconnaissant du travail continu, fidèle et efficace de Brigitte Hofmann, qui fut l’une de ses membres pendant bien longtemps...

La vie est faite d’étapes. Celles-ci impliquent de nouveaux départs, mais aussi des au revoir. Le comité du SAEN est fier et reconnaissant du travail continu, fidèle et efficace de Brigitte Hofmann, qui fut l’une de ses membres pendant bien longtemps, et même pendant plusieurs années sa vice-présidente. Au moment de la laisser s’en aller vers d’autres horizons, nous aurons une larme à l’œil, mais, de tout cœur, nous lui dirons : bon vent… und bis bald !

En août 1995, j’ai fait ma première rentrée au collège des Bayards, dans un petit village du canton de Neuchâtel. Une classe à degrés multiples, de la première à la cinquième année. Ce n’était pas de tout repos, mais qu’est-ce que j’étais heureuse d’avoir enfin ma propre classe !

Tous les matins, je me levais avec enthousiasme, impatiente de retrouver mes élèves.

et aujourd’hui, je m’en vais.

Si, pour certain·es, rien ne trouble le bonheur d’enseigner, au bout d’une vingtaine d’années, je me suis sentie moins investie. Et ce sentiment n’était pas compatible avec l’enseignante que je voulais être.

J’ai alors trouvé un nouveau défi à relever : enseigner l’allemand par immersion. Faire apprécier ma langue maternelle et faire évoluer le regard que portent parents et élèves sur cette langue imagée et vivante a ravivé ma flamme. Le bonheur était à nouveau là : celui de créer, d’inventer et d’observer que mon travail portait ses fruits. Rien de plus gratifiant que de rencontrer un ancien élève (pas le premier de classe, juste un gamin ordinaire plus intéressé par le foot que par l’école) qui me lance un Hallo Frau Hofmann ! Wie geht es dir ?

Aujourd’hui, il est temps pour moi d’attaquer un autre défi : tenter d’insuffler un vent nouveau dans les moyens d’enseignement de l’allemand. Je m’en vais pour apporter ma pierre à l’école de demain, avec l’espoir de redonner du plaisir aux élèves comme aux enseignant·es dans l’apprentissage de cette langue encore trop souvent mal aimée.

Je ne sais pas si l’école va me manquer. Trente et un ans, c’est long et beaucoup de choses ont changé. Souvent, je ne me retrouve plus, je ne retrouve plus le métier que j’ai choisi : enfoui sous la pile de paperasse, noyé dans le flux ininterrompu de mails, perdu dans l’individualisation à outrance et les sollicitations de toutes parts. Mais je me suis juré que jamais je ne tomberai dans la nostalgie d’une époque révolue. On va dire que c’est l’âge. Tempi passati…

Le syndicat, en revanche, j’y reste. Il a été l’un de mes piliers durant toutes ces années, une bouffée d’air frais et d’espoir. Je ne conçois pas de tourner le dos au SAEN et au SER, qui se battent pour défendre les valeurs de la profession enseignante et le bien-être des élèves. Merci à eux de m’avoir soutenue dans mes combats pour une meilleure école publique durant toutes ces années.